Pensées templières en provenance de Terre sainte
Bonjour à tous,
Je vous écris de Terre Sainte où je remets les pieds plus de 900 ans après la croisade que j’y ai vécue. Les paysages tourmentés, notamment le long de la côte méditerranéenne n’ont pas changé. J’ai parcouru la distance qui sépare Jaffa (la belle en arabe et en hébreu) de villes comme Césarée et Saint-Jean d’Acre, qui ont gardé le cachet du Moyen-âge, avec les murailles, les arches des portes d’entrée si typiques, les dômes et les grandes salles d’apparât où se réunissaient tous les chevaliers de l’époque.
La discussion avec les habitants du lieu, chrétiens, juifs et musulmans, nous fait revenir à la dure réalité contemporaine, lorsqu’ils nous racontent , encore traumatisés, qu’ils viennent de vivre un déluge de fer et de feu, sous la menace et l’explosion permanente de fusées katiouchas remplies de clous, de boulons et de billes d’acier, pour tuer et blesser plus gravement des civils.
J’ai profité de ces quelques jours d’évasion hors de France pour me plonger dans un autre livre juste publié sur les Templiers. J’ai l’impression que ce sujet n’a jamais autant intéressé ! Ce livre[1], qui fait suite au Dernier Templier, qui se situe, lui, plus au 21e siècle, a beaucoup de similitudes sur le plan de la recherche des origines templières. L'auteur affirme avec aplomb que les ancêtres des Templiers seraient d’origine juive, issus de la secte des Esséniens, dont faisait partie Jésus.
Je n’ose pas aller aussi loin dans mon livre Le Onzième Templier, où j’explique les origines de l’Ordre des Templiers. Je m’en tiens à la réalité de l’époque où des Sages juifs cabbalistes se réunissaient, notamment à Gérone, en Espagne, au cours de cérémonies où ils devaient se décharger du fardeau qu’ils portaient à l’extérieur du temple, en « laissant les épées et les couteaux à la porte ». Ils se retrouvaient ainsi entre « initiés », entre « éclairés », qui échangeaient secrètement, à l’abri du regard des communs des mortels, tout comme le feraient plus tard templiers d'abord, puis francs-maçons ensuite.
Le temple où ils réunissaient devait, comme toutes les synagogues, être orienté de telle façon que les regards soient tournés vers l’est, vers Jérusalem. Les places respectives des vénérables de ces réunions étaient très symboliques et devaient répondre à un rituel strict, tout comme dans les cérémonies d’initiation de nouveaux membres, très proches de celles qu’observeraient par la suite les templiers et les francs-maçons.
Tout comme Godefroy, Hugues de Payens, Thibault de l’Etoile et moi-même nous sommes retrouvés sur les routes à la recherche du trésor de Temple de Salomon dans Le Onzième Templier , cet autre livre, que je viens de lire, évoque également cette quête comme primordiale pour la recherche identitaire et passionnelle des premiers templiers.
A bientôt,
Chrestien