Mes rêves érotiques de Missiya

Publié le par Chrestien de Troyes


N’avez-vous jamais rêvé de votre bien-aimée en pensant qu’elle pouvait rester à jamais l’inaccessible objet de vos pensées, que vous n’auriez pas le loisir de plonger dans le bleu d’azur de ses yeux, de caresser langoureusement le velouté peau de pêche de ses mains, de ses seins, de son entrejambes ?

Voilà ! je peux bien vous le révéler aujourd’hui, plus de neuf siècles après, j’ai toujours été amoureux, en secret, de Missiya, la fille adoptive de Maître Salomon de Troyes, que nous appelions Rachi. Je rêvais secrètement, dans mon lit, d’embrassades torrides, de courses-poursuites dans la forêt touffue de Troyes, d’éclats de rires partagés, d’étreintes émues .

Nous étions presque du même âge et nos souvenirs d’enfance communs nous empêchaient peut-être de nous envisager amants à l’âge adulte.

Mais aujourd’hui je peux plus le cacher : je rêvais secrètement et sensuellement toutes les nuits d’enlacer Missiya dans les rues étroites, sombres et humides de Troyes, de la plaquer contre le mur, sans un mot, en enfreignant toutes les convenances les plus élémentaires. Je la caressais longuement, sans un bruit, en y prenant beaucoup de plaisir, la couvrant de baisers.

Chaque mot d'elle m’échauffait intérieurement et chaque geste de sa part m’excitait furtivement. Lorsqu’elle m’apportait des fruits charnus et juteux, surtout les pêches, je prenais presque cela comme une déclaration d’amour secrète entre nous. Les nuits qui suivaient, je nous imaginaient l’un sur l’autre, entrelacés dans l’eau, dans l’herbe, dans les buissons, nous caressant mutuellement, oubliant toute notion de pudeur, de convenances sociales, de pudeur..

Les pulsions sensuelles qui nous animaient nous permettaient de nous dépasser, d’imaginer l’inimaginable, l’inaccessible et l’inavouable. Nous étions soudain des inconnus et le langage des corps nous permettait toutes les audaces, toutes les surprises d’un désir immédiat. Nous n’avions plus peur de nous réconcilier avec nos fantasmes, de libérer toutes nos pulsions intimes.

J’aimais rêver sentir son désir grandir, sa poitrine se gonfler à la caresse de mes mains, ses yeux s’écarquiller de plaisir.

Malheureusement ces moments de grande sérénité, je n’ai fait que les rêver,et comme vous pourrez le lire dans mon livre LE ONZIEME TEMPLIER, c’est surtout Godefroy qui s’est glissé dans le lit de Missiya, Godefroy, mon meilleur ami, mais aussi mon concurrent en amour, qui s’est substitué à moi dans les pensées secrètes de Missiya, à mon grand désespoir ! Mais je vous laisse le découvrir dans les pages de ce livre…

 

Votre dévoué,

Chrestien.

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Publié dans leonziemetemplier

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