QU’EST CE QUE LE GRAAL ?

Publié le par Chrestien de Troyes

Qu’est-ce qui nous faisait courir après cet objet mystérieux ? Pourquoi Maître Salomon de Troyes nous avait-il confié cette périlleuse et mystérieuse mission ? Je décidais de me renseigner sur ce que l’on connaît de ce récipient mystique et mythique.

Le terme de Graal est un mot magique qui, depuis des siècles, se pare du manteau merveilleux de la légende. Son nom évoque le symbole d'une quête, l'épopée fantastique des valeureux chevaliers du roi Arthur qui partirent à sa recherche, affrontant mille périls, mille coups du sort.

AU fil des siècles, les peuples l'ont représenté sous divers aspects : vase, lance, épée, pierre précieuse, calice, porteur d'une connaissance, l'objet de leurs fantasmes, tantôt chrétien, tantôt païen.

Comment interpréter ce thème mystérieux et si influent ? Pour les uns, le Graal, c'était le chaudron de Dagda, talisman antique, ou la corne d'abondance de Bran, dans la mythologie celtique. Pour les autres, le conte du Graal se composait d'éléments de la vieille littérature irlandaise transmis au pays de Galles et chantés par les bardes gallois aux Normands.

 

Il fut mentionné pour la première fois sous forme écrite à la fin du XIIe siècle par Chrétien de Troyes dans son roman Perceval ou le Roman du Graal. Ce ne fut qu'au début du XIIIe siècle que le Graal se christianisa : Robert de Boron l'assimile au Saint Calice des Évangiles. D'après la légende, c’était le calice de la Sainte Cène que Joseph d'Arimathie aurait approché de la plaie du Christ en croix, afin d'y recueillir le Sang qui s'en écoulait. En fait, il s’agissait d’une transposition pour le christianisme d’un symbole universel connu depuis l’Antiquité. Chez les Egyptiens, le Graal était préfiguré par les cornes du dieu Apis portant le disque solaire; pour les Mystères d'Eleusis, c'était le fameux Panier sacré ; pour la tradition judéo-chrétienne, c'était le lapis exillis.

 

A l'origine le mot « graal » désignait un plat large et assez profond, un récipient creux. Selon certains, le mot « graal » viendrait du latin médiéval cratella, « vase » qui désigne, en ancien français, une coupe ou un plat creux. Pour d'autres, le mot « graal » ou « grasal » désignerait un plat creux destiné à servir les viandes riches en jus. récipient creux aux usages divers, une mystérieuse coupe aux pouvoirs magiques, et l'objet d'une quête menée par les Chevaliers de la Table Ronde.

 

La légende du Graal, selon Chrestien de Troyes, raconte l'histoire des amours interdites d'une reine et d'un chevalier, Guenièvre et Lancelot Elle narre l'installation d'une nouvelle religion, "le christianisme" dans une région à obédience païenne. Pour les auteurs du Moyen Age comme Chrétien de Troyes, Robert de Boron, Wauchier, Wolfram d'Esenhbach, graal veut dire récipient, plat, coupe, puisque l'on retrouve sa racine dans des mots comme gruau, devenu ensuite grasal en langue d'oc.

 

Sur le plan symbolique, la Quête du Graal représente l'aboutissement d'un chemin que parcourt un initié afin d'obtenir la maîtrise de son corps et de son esprit. le but que tout homme devrait atteindre : La Sagesse. Elle symbolise l'aventure spirituelle située en dehors du temps et de l'espace, qui correspond aussi bien au Moyen Age qu'à l'aube du XXIe siècle...Il ne s’agit pas d’une épopée extérieure à l'être, mais d’une grande aventure spirituelle intérieure offerte au chevalier prêt à l'affronter. L'Eveil intérieur ainsi réalisé permet de délivrer la conscience de la densité du corps et des multiples agrégats qui l'habitent.On aboutit ainsi à une transformation radicale de soi, à une véritable alchimie.

 

" Découvre la pierre cachée au fond de toi... " dit le vieil adage alchimique. Il faut donc transformer son ego pour parvenir à découvrir l'Etre intérieur, c'est-à-dire le véritable soi-même. Découvrir le Graal c'est aussi découvrir l'être divin. La quête du Graal doit permettre au chevalier parti à sa découverte de dompter l'être inférieur qui est en lui. Après cette initiation par le saint Graal, du chevalier va jaillir une énergie qui va rayonner vers l’extérieur. Ce rayonnement, ou plutôt cette force d'amour va donner une dimension particulière à l'être nouveau, mais de plus, il permettra à toute personne l’ayant touché d’être atteint par un état de grâce, par une illumination.

La découverte du Graal se fait en soi, ce Divin Calice, c'est notre conscience que nos efforts et nos expériences de vie doivent permettre d'éveiller chaque jour davantage.

 

En fait, c'est un objet caché : personne ne l'a vu et il n'aura réellement accompli son rôle qu'après avoir été retrouvé. C'est un objet sacré aux pouvoirs puissants : seul un être pur pourra le trouver et en prendre possession. D’où l’idée que selon la tradtion judéo-chrétienne, il pourrait s’agir de la fameuse Arche d’alliance, disparue au fil des siècles, à la suite de la destruction du premier Temple de Salomon.

 

Quel qu’il soit, il fut toujours l’objet d’une quête initiatique et d’une révélation personnelle.

En 1940, sur les ordres d'Heinrich Himmler, le capitaine Günter Alquen et une vingtaine de soldats SS, cherchèrent le Graal au Château de Montségur et à Montserrat. En 1954, en s'inspirant librement de la mythologie celtique, J.R.R. Tolkien publia un des best-sellers mondiaux, Le Seigneur des Anneaux. On y retrouvait de nombreux éléments des légendes arthuriennes (monde de type médiéval, magie, combat du Bien et du Mal). Mais surtout le livre était structuré autour d'une quête, comme celle des chevaliers d'Arthur ; en l'occurrence, il s'agissait, à travers moult épreuves, d'apporter un objet magique à un endroit précis où il pourrait être détruit et ainsi donner la paix au monde.

 

Dans les années 1970 apparurent de nombreux jeux qui faisaient référence à cette notion de quête surnaturelle. Le plus célèbre, et un des premiers, était le jeu de rôle américain Donjons et Dragons : une assemblée de joueurs partait en quête d'un objet, d'une personne.

 

Tout récemment,  Dan Brown, dans son livre le Da Vinci code, affirma que : « Le Graal n’est pas une chose... c’est une personne... C’est même une femme ». C’était donc une femme, et « une femme, nous disait-il, détentrice d’un secret tellement grave que sa révélation menaçait de détruire les fondements de la chrétienté. »

 

Dan Brown se lança dans une recherche étymologique : « Le mot Sangréal est dérivé de San Greal ou Saint-Graal. Mais, sous sa forme la plus ancienne, le mot était coupé d’une autre façon. (...) Sang Real (...) Sang réal signifiait Sang royal. (...) San gréal... Sang real... San Greal... Sang royal... Saint-Graal. » [4].

Sang real (sang royal ou réel) - San Greal (déplacement de la lettre : G) - Saint-Graal (refoulement du e et redoublement du a).

Le « Saint-Graal », c’était donc le « Sang réel ».

 

 

Pour conclure, la quête du Graal, sur la trace du secret sublime, constitue une des plus belles aventures spirituelles qu'il soit donné à l'homme de tenter sur terre. Quêter veut dire rechercher avec attention et patience, il signifie également demander et mendier: "Et moi, je vous dis : Demandez, et l'on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira. "Car quiconque demande, reçoit; et qui cherche, trouve; et à celui qui frappe, on ouvrira." (Saint Luc, XI, 9 et 10.)

 

Les chevaliers de la Table ronde, puis les Templiers, puis les franc-maçons étaient unis entre eux par les liens solides d’une véritable fraternité. Dans « La Flûte enchantée » de Mozart, la musique regorge littéralement de symboles et d’allusions au Saint-Graal.

La Table Ronde aurait été une table d'émeraude. De texture hyaline, cette gemme précieuse entre toutes, doit sa couleur verte au spiritus mundi, à l'esprit du monde qui s'y est introduit comme en un vase d'élection. Le fait de s'asseoir autour de cette table permettait de la déchiffrer, dans une quête d'Absolu et de Vérité.

 

La Quête du Graal inaccessible symbolisait aussi le divin en nous, l'aventure spirituelle et l'exigence d'intériorité, qui seule pouvait ouvrir la porte de la Jérusalem céleste où resplendissait le divin calice. Pour s’en approcher, il fallait obtenir un détachement du monde actuel, une transformation radicale de l'esprit et du cœur. Le Graal était aussi une coupe d'amour, une coupe érotique de liqueur, constituée d’une pierre cachée désignant l'émeraude philosophique. Parmi ses innombrables pouvoirs il possédait, outre celui de nourrir (don de vie), celui d'éclairer (illuminations spirituelles). Lorsqu’il était tout prés, on ne le voyait pas, étant aveuglé devant les réalités spirituelles.

 

il y a dans sa légitimation une recherche messianique de l’objet perdu, qui transfigure l’idée brute de croisade. Par rapport à la croisade propre, qui renvoie à une Terre Promise existant bel et bien dans un emplacement géographique précis, la quête, et celle du Graal en particulier, implique l’idée de transcendance, car son objet ne peut être acquis, approprié, appartenant à une réalité d’un autre ordre.

 

Celui qui parvient jusqu’à l’objet de sa quête, ne peut le révéler au monde extérieur, sous peine de vulgariser cet objet mythique dont la proximité permet une transformation intime.

 

Ce fut pourquoi, même si la cachette du Graal fut trouvée par Chrestien et Hugues de Payens, à la fin du livre Le Onzième Templier, le secret de sa cachette avait dû être conservé jusqu’à l’approche des temps messianiques, c’est-à-dire à notre époque. Mais vous ne connaîtrez son abri que si vous allez plus loin dans votre propre recherche personnelle, en lisant le livre…

 

 

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Publié dans leonziemetemplier

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